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Des cailloux et du souffle...


Je vous présente mon amie Caroline Clement. Tant de vécus, de partages, de discussions, de projets en communs nous lient depuis trente ans.

Caroline est céramiste, apprentie géographe, elle aime cultiver la terre, chanter et expérimenter encore et encore.

Je lui ai proposé d'animer ensemble un atelier de 6 jours cet été où nous allierons la céramique et le yoga.

Tout de suite mille et une idées sont nées, mille et une envies.

Je lui ai posé quelques questions auxquelles elle a répondu avec beaucoup de profondeur comme toujours.


Quel lien y a t-il entre ton parcours et l'atelier que nous proposons ensemble cet été ?


Je commencerais par dire que ta proposition de travail sur base de notre amitié et d'un travail antérieur aussi, d'une construction commune, d'une certaine sensibilité me conduit à accepter avec grand plaisir l'idée de faire cet atelier avec toi.


L'autre chose je ne sais pas très bien comment la synthétiser. Je pourrais dire que c'est un amour de la terre (rire) et de la matière. Un certain amour de la sensualité aussi d'une certaine manière, une sensualité que l'on peut facilement mettre en lien avec le yoga, même si ce sont parfois des voies que l'on va qualifiées de plus austères ou plus rigoureuses, où le plaisir et la sensualité, l’excès, le débordement, la joie, la profusion de matière sont antagonistes, mais en apparence seulement et par certaines écoles seulement.

A l'intérieur de moi tout ça coexiste sans aucune difficulté.

Aujourd'hui je suis apprentie géographe plongée dans les bonheurs de la géologie et je m'y plonge comme une vivante, c'est à dire avec ma respiration, mon équilibre, ma colonne, mon centrage.

Tout procède de tout et ce qui est en lien avec l'atelier de cet été c'est peut être aussi la volonté d'une réconciliation de la matière et de la spiritualité. On associe souvent le mot du souffle à l'esprit mais au fond tout ça est pris dans un corps qui vibre, qui vit et qui est bien ancré. La terre étant très réceptive va imprimer le moindre geste qui provient lui du moindre souffle.

Tout ça est très relié, c'est une évidence et une proposition à vivre.

Prendre le temps de relier toutes ses parties à l'intérieur de nous et je pense que le faire à travers une pratique créative et matérielle c'est très intéressant. Se retrouver devant un objet qu'on a fabriqué, qui est en lien avec un matériel vivant, parce que la terre est vivante bien-sûr, je pense que là une conversation très intéressante peut s'articuler.

Donc un dialogue à l'intérieur de nous, entre nous deux et puis entre nous tous.


Pour toi que représente la céramique ?


Étymologiquement, céramique veut dire Terre Cuite. Or pour moi, le travail de la terre conviendrait mieux car j'ai beaucoup travaillé de pièce en terre crue, non cuite.

Ici en l’occurrence ce sera un atelier avec les 4 éléments et donc le feu procédera du séchage et de la cuisson.

Pour moi la céramique est un travail étendu au delà des frontières de la terre cuite.

Le travail de la terre crue, de la terre séchée, de la terre comme engobe, toutes ces différentes manières de travailler la terre font partie de la céramique.

La céramique pour moi est bien au-delà du travail de la terre cuite.

Ce qui est intéressant dans la cuisson c'est que il va y avoir comme une fixation de l'histoire qui s'est passée. La terre va porter pendant très longtemps les productions cuites, on retrouve des productions qui datent d'il y a 20 000 ou 30 000 ans, c'est une des matières les plus résistante. Il y a quelque chose de passionnant dans la trace que l'on peut laisser.

Pour le moment j'étudie la sédimentation, la manière dont les roches se dissolvent pour former des argiles. L'histoire des argiles est éternelle en fait. Il y a un cycle d'éternité qui s'exprime là.

Et la cuisson, à travers le volcanisme et aux travers des processus de fusion que la terre propose déjà par elle-même peut déjà nous mener à une réflexion sur la terre cuite.

Après cela, a plus petite échelle, à notre échelle humaine, le travail de la terre cuite peut être intéressant pour fixer un processus qu'on a vécu mais on peut tout aussi bien contourner ce processus et remettre le processus à l'eau dans le sens premier du terme, on peut tout recommencer.

Le travail de la terre est également un soin car on sait que l'argile est une source de reminéralisation, de soin et de guérison. On peut guérir sa créativité, son cœur, son corps, son âme.

La céramique c'est un média vivant, naturel qui s'inscrit dans un cycle d'éternité.

C'est passionnant d'y toucher.

On peut ajouter que c'est une matière extrêmement malléable à laquelle on peut donner toute les formes mais à laquelle il n'est pas si facile de donner toutes les formes car elle contient en elle-même tout un lexique héritée de son histoire.


Quelle place le yoga et la méditation prennent dans ta vie ?


Le yoga et la méditation ont une place symbolique très importante dans ma vie mais il y a des époques où je pratique et des périodes où je ne pratique pas.

J'ai fais plus de méditation que de yoga mais je connais le yoga depuis très longtemps par mon histoire familiale entre autre puisque mon père pratiquait déjà quand j'étais enfant.

Puis je m'y suis intéressé à différentes périodes de ma vie mais je n'ai pas pratiqué le yoga sur des longues périodes.

Ceci dit on respire tous et nous avons tous des techniques corporelles puisque nous sommes vivants (rire).

Je ne m'inscris dans aucun courant spécifique, dans aucune école et mon approche est personnelle et singulière.

Quant à la méditation c'est quelque chose que j'expérimente depuis longtemps.

Les premières formes de méditations dont je me souviens je les ai vécues dans l'enfance avec une liberté intérieure et une conscience forte, comme je suppose ont très naturellement beaucoup d'enfants.

Puis à l'adolescence j'ai expérimenté diverses pratiques de méditation jusqu'à ce que j'ai envie de m'inscrire régulièrement à un cours de méditation japonaise zen. J'ai pratiqué cela de manière hebdomadaire pendant plusieurs années. S'en est suivi une période où j'ai retrouvé la méditation « sauvage », plus libre et personnelle avec des acquis très divers liés à la concentration et au souffle développés à travers mes cours de chant que j'ai toujours suivit.

Ensuite je me suis plongée dans des sessions plus importantes de méditation comme les retraites intensives Vipassana.

J'ai un lien d'intérêt puissant avec ces pratiques et je pense que chacun vient avec un bagage hyper complexe et hyper riche et chacun entretient une relation plus ou moins consciente, plus ou moins structurée avec ces pratiques qui touchent au monde de l'esprit.

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